Témoignage d'IVG

Publié le par Gourkinette

 

Bonjour, j'ai 26 ans j'ai subi une IVG il y a presque 5 ans.

Au début je ne me suis pas rendu compte de ce que j'avais car c'était un accident de contraception (je me croyais protégée donc...), comme j'ai eu des règles bizarres 2 fois de suite mon copain m'a forcé a acheter un test et là je suis tombée des nues, j'ai fait une crise de nerf , j'étais très en colère, le lendemain j'avais pris un RDV à l'hôpital. Mon copain avec qui j'étais depuis des années était tout aussi d'accord ainsi que ma famille, ma mère , ma tante et la copine de mon père(une vieille féministe de 68) ils ont été a fond derrière moi. Mon copain a été génial et il a toujours été là et m'a accompagné partout, ma psy m'a bien aidé aussi Bref pour moi il était inconcevable d'avoir un enfant (je souffre d'agoraphobie, je faisais mes études et surtout je ne voulais tout simplement pas d'enfant je n'ai pas un instinct maternel très développé...). Le pire c'est bien sur l'hôpital, on est plutôt très mal accueilli, je vous passe les détails sordides du gynécologue homme de 50 ans qui fait ça a la chaine et vous fait une écho interne sans vous expliquer, qui m'a horrifiée, dégoutée...bref traumatisant, ensuite ce brave docteur a ouvert le dossier avec l'échographie pile sous notre nez, mon copain était totalement déprimée, moi dans une colère noire.

 

Une semaine après, enfin j'ai pu avorter:un étage pas refait, tout crade avec la peinture qui s'écaille ,une infirmière pour un étage pas trop sympa, des bébés au même étage, une voisine totalement anéantie et des pleurs, bref je suis tombée des nues moi qui croyait que l'IVG était un droit et qu'on était traité dignement Ma voisine a à moité fait une fausse couche pendant la nuit a cause des cachets, personne n'ai venu l'aider, moi on m'a bourré d'anxiolytique(a cause de mes crises d'angoisse d'agoraphobe) du coup je suis arrivée défoncée au bloc où j'ai ri avec les internes étudiant, j'ai subit une anesthésie générale et je n'ai jamais vu le docteur qui m'a avorté par aspiration.

Dans la salle de réveil j'ai fait la connaissance d'une femme totalement en crise, elle venait d'avorter comme moi, sauf qu'au dernier moment le médecin a décider que ce serait une anesthésie locale, bref elle a hurlée, elle était traumatisée , les internes et les médecins l'on carrément enguirlandée pour qu'elle "arrête de gueuler", elle avait vu le sang, entendu le bruit l'horreur. heureusement mon copain m'attendait dans ma chambre moi je me sentais bien, libéré d'un poids et légère. Ma voisine est partie au bout de 2 heures avec son mari, elle saignait encore beaucoup et personne ne s'en ai soucié, moi je me portais comme un charme, un médecin (trop sympa ) est passé une minute chrono me lire une feuille que j'avais déjà. Je suis parti quelques minutes après virée par la femme de ménage a 15 heures alors que je ne devais sortir qu'a 17h...

 

Voila mon histoire, au fond comme je ne voulais pas d'enfant on ne peut pas dire que ma décision m'a fait souffrir, par contre je fais encore des cauchemar de cet hôpital, j'ai une touille bleue de devoir y retourner et que ça recommence, je vérifie 5 fois par jour que l'ai bien pris ma pilule (même la nuit il m'arrive d'aller vérifier ma plaquette ). Vous pouvez vous dire que mon histoire est bidon mais je vous promet qu'elle est vraie, c'est une honte un tel service IVG a notre époque, j'en ai parlé autour de moi et tout le monde était choqué, je me suis rendu compte en lisant des témoignages que tout les hôpitaux ne sont pas comme ça , mais dans ma ville il n'y a que celui là qui a ce service ça me donne une occasion de pouvoir parler de ma voisine de chambre et de la femme de la salle de repos, parce que je pense encore a leurs calvaires rajouté a leurs culpabilités d'avorter (que je n'ai pas)et ça me hante encore, moi j'ai eut de la chance de ne pas vraiment souffrir de cette expérience.

Publié dans Témoignages

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Rosalie 08/11/2010 12:21


Merci Gourkinette pour ton témoignage. Ton expérience montre que le parcours vers l'IVG est compliqué. Quand on a la chance de trouver un établissement accessible dans les délais, il faut parfois
encore se trouver confronter à la malveillance de certains médecins.
Je voudrais que l'on puisse dénoncer ces pratiques et épingler les établissements qui humilient les patientes.
On s'enorgueillit de soigner et panser les plaies, mais quand il s'agit d'avortement, il n'y a plus personne.
Heureusement, d'autres accompagnent correctement les femmes vers l'IVG avec respect, compassion et dignité.